019 – Chronique/interview d’artiste/artisan: Raphaël HARDENNE (Flémalle) – « Rapha-Light » (du cirque à l’artisanat)

Rien n’est anodin, ici bas… Et de belles personnes, de belles âmes, on en trouve ça et là, si on accepte de suivre la nôtre…

Le 5 mai 2018 à Huy avait lieu le week-end du « Créatour » à Huy. Des artistes et artisans exposent dans des commerces locaux. Je décide d’aller traîner mes bottes à l’ « Hôtel du Fort » (mes amis de la famille RISAC) qui accueille certains artisans que j’appellerai moi des artistes…

Un nouveau coup de coeur m’étreint face aux créations d’un homme qui m’inspire immédiatement de la sympathie, avant même de lui avoir adressé la parole, Raphaël HARDENNE (né en 1975) alias « Rapha-Light » (Flémalle-Haute). Il faut dire que ses créations avaient parlé pour lui… L’espace du restaurant est garni de toutes parts de « luminaires » singuliers, c’est le moins que l’on puisse en témoigner…

Raphaël a récupéré d’anciens objets issus d’un quotidien devenu obsolète mais qui ont conservé une âme, et les a mis en scène, voire rendus vivants, en leur offrant la lumière…

Seul un véritable artiste était capable de ces audacieux détournements d’usage, leur conférant une seconde vie sans toiser leur utilité première… Mais quelque chose d’étrange s’est produit, lorsque j’ai observé, rencontré ces créations… Un « truc » particulier qui vient « tirlipoter » votre âme d’enfant… Ce quelque chose, c’est de la magie, la vraie magie… Celle qui donne vie à ce qui n’existe pas, un objet…

Transporté dans un univers qui échappe aux lois de la physique matérialiste, je suis entré en « conversation » avec ces objets malicieux et ils m’ont narré une histoire que je suis seul à connaître…

De la conversation avec les objets, je suis entré en conversation avec leur « papa », Raphaël HARDENNE. Souriant, d’un abord simple et sincère, l’homme parle avec passion de ses créations, toutes uniques…

L’histoire aurait pu s’arrêter là, sur une très belle impression, une belle rencontre… Mais près de deux ans plus tard (ce 26 mars 2020), alors que je suis en quête d’artistes régionaux qui deviendront l’objet de mes chroniques, le souvenir de « Rapha-Light » resurgit en moi sans que j’ai le moindre effort à fournir…

Je fouine un peu le Net, parcours les infos, photos et actus de Raphaël et découvre qu’il a été primé à deux reprises ces derniers mois, son artisanat ayant été mis à l’honneur:

20 années de carrière dans l’univers du cirque et de la prestidigitation… Ça me laisse rêveur. Je l’appelle… Il se rappelle de moi et accepte chaleureusement de me raconter son histoire…

Jeune homme, il fait des études en « Entretien du bâtiment » (électricité, plomberie, etc…) mais cette option périclite… De six élèves il en reste trois… Il envisage l’ébénisterie…

Des copains de cour d’école lui parlent de leur projet de se rendre dans le sud de la France avec un théâtre de rue. Il est invité à les accompagner pour deux à trois mois, pour l’intendance, ce qu’il accepte. Mais « Raphaël » est musicien, il joue du « Didgeridoo » (instrument à vent en forme de colonne de bois et joué par les aborigènes d’Australie…).

Une page Facebook est consacrée à ce groupe via le lien suivant: Groupe « Shindo » – musique

Très vite, il jouera quelques minutes en entrée du spectacle de la troupe de théâtre, chaque soir et sera remarqué par le metteur en scène qui lui dira qu’il a une « gueule à faire du mime… » (sic) Le voilà artiste de rue… Il me confiera au téléphone: « C’est le cirque qui est venu à moi… »

De retour en Belgique, il suivra des cours dans une école du cirque à Bruxelles pendant une année. Fréquentant à l’époque (23 ans) une jeune femme dont la mère était magicienne, il se passionnera plus pour cet Art que pour sa belle.

Artiste complet, il travaille depuis 20 ans dans les « Arts du Cirque et de la Prestidigitation » auprès de personnes handicapées, pour le compte d’une asbl.

Raphaël HARDENNE a également fabriqué du matériel pour l’univers de la prestidigitation et un jour (il y a deux ans), alors qu’il fouine dans son grenier, il tombe sur un vieux sèche-cheveux qu’il va transformer en luminaire dans son atelier personnel qu’il a réaménagé à l’arrière de son domicile…

Ce fut le début d’une longue série comme illustré sur sa page Facebook: Page Facebook « Rapha-Light » (cliquez sur le lien en couleur).

Certaines de ses créations ont été exposées en décembre 2019 et janvier 2020 au « Caribouf » à Huy, rue des Augustins (chez mon copain Luigi). Le prochain « Créatour » 2020 pourrait l’accueillir à nouveau (cf actus sur la page FB de Raphaël).

Ce qui me plaît vraiment dans la vie, c’est de me rendre compte que chez certains êtres humains, l’âme tente par tous les moyens de se frayer un chemin à la rencontre et au service de celles des autres… C’est ainsi que nous pourrons tendre vers l’Unicité…

Merci l’artiste, merci Raphaël,

Bonne route,

Vincent Poitier,

30 mars 2020

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