032 – Chronique/interview d’un amoureux des animaux, créateur et administrateur de parc d’attractions depuis 34 ans: Jean-Marc VANBERG (Huy) – dédicace à un ami

Jean-Marc VANBERG n’est pas un artiste à proprement parler (sujet d’un bon nombre de mes chroniques), mais il est un homme habité par des passions sur base desquelles il a investi humainement et financièrement, au profit de l’amusement et du divertissement des petits et des grands enfants.

Foisonnant d’idées tout au long de sa vie, souvent secoué ou contrarié par les vicissitudes de celle-ci, Jean-Marc traverse les ans avec détermination, force et courage.

Fidèle en amitié, généreux et discret, reconnaissant à la moindre occasion, épicurien par ici ou par là, le coeur de l’homme bat au rythme de l’envie ou du désappointement… Ses valeurs sont immuables, ses humeurs également, par ailleurs, bien que je n’ai personnellement jamais eu à en faire les frais…

J’ai rencontré ce personnage haut en couleurs en 1995, par collègues et copains interposés, dans des circonstances qui auraient pu compromettre l’amitié si notre respect mutuel et l’humilité de Jean-Marc ne l’avaient pas emporté…

Loin d’être rancunier à mon égard, il a suscité et nourri un lien indéfectible d’amitié qui s’est pérennisé jusqu’à ce jour, raison de cette chronique qui n’a rien à voir avec quelque forme de promotion commerciale que ce soit (bien que le fait de l’écrire pourrait le laisser penser, mais il est impossible d’évoquer l’homme en évinçant son entreprise hutoise, le Mont-Mosan dont l’emblème est l’otarie).

Né le 08 juillet 1961 à Hermalle-sous-Huy, Jean-Marc VANBERG est hutois depuis son enfance. Son parcours de vie n’était pas tracé d’avance. Des concours de circonstances inattendus ont jalonné sa vie.

En 1975, à l’âge de 14 ans, il vit au Rouge Fossé, à la Sarte. Un jour, alors qu’il promène son chien le long de ce qui était une plaine de jeu communale, plaine de la Sarte, il entre au restaurant-brasserie « Le Colombage » (famille Godefroid dont j’étais à l’école maternelle avec le fils Yves). Jean-Marc joue au « flipper » et est abordé par un hollandais  projetant d’exploiter un Delphinarium à l’ancien couvent Dominicain où existe actuellement le centre provincial de tennis. Cet hollandais propose à l’adolescent de le former au dressage de dauphins et de l’employer. Sur l’ancienne plaine de jeu communale de la Sarte, la ville de Huy autorise l’exploitation d’un bassin d’otaries.

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Jadis, bien avant le Parc actuel, la Sarte

Jean-Marc VANBERG est donc formé en 1977-1978 par cette société hollandaise et travaille avec les dauphins et les otaries. En 1980, Jean-Marc est envoyé à Bruges et à Ardeweg (Pays-Bas) pour compléter sa formation de dresseur pour le compte des hollandais mais de 1980 à 1981, une période de « vache maigre » s’installe suite à la fin de cette collaboration et l’obligation de milice. Les hollandais mettent ensuite Jean-Marc en relation avec une société du Lichtenstein qui lui propose de monter un spectacle de dauphins et d’otaries à Walibi (Belgique). Cette expérience qui devait durer trois semaines se prolongera trois saisons après quoi il est « missionné » dans le même but et pour le compte de la dite société cette fois en Autriche où il demeurera trois saisons de plus, jusqu’en 1986, année charnière dans la carrière de Jean-Marc VANBERG qui a acquis une solide expérience.

Alors que l’on veut l’envoyer en Italie pour trois années de plus, il est lassé de recommencer chaque fois l’expérience de mettre sur pied un nouveau spectacle et de devoir l’abandonner dès qu’il est rôdé.

Il est envoyé au Caire (Egypte) pour un mois qui en deviendra trois. Il rencontre Suzanne MOUBARAK, épouse du président égyptien Hosni Moubarak et première dame d’Égypte tout au long du mandat présidentiel de son mari, du 14 octobre  au .

Issus de cette rencontre, des contacts sont entretenus avec Anne-Marie LIZIN (qui connaissait la première dame égyptienne) bourgmestre de Huy, et l’échevin hutois André GODELET qui joua un rôle déterminant dans les négociations qui vont s’en suivre au sujet d’une convention d’occupation par Jean-Marc VANBERG de la plaine de jeux communale de la Sarte où il va jeter les bases du parc MONT-MOSAN qu’on connaît aujourd’hui. Son employeur de l’époque lui devait de l’argent et il rentra en Belgique avec une de ses otaries en gage de compensation. Ce fut le début d’une merveilleuse nouvelle aventure, pour Jean-Marc, celle de sa vie, lui qui rêvait enfant de devenir pilote de ligne…

Investissant sur fonds propres, sur un sol qui appartient à la ville de Huy, fort de la convention signée, Jean-Marc établit conjointement sur la plaine de la Sarte de Huy son habitat et son entreprise professionnelle, la développant continuellement durant plus de trente années…

Je peux témoigner personnellement du fait que Jean-Marc a toujours été « au four et au moulin », mettant la main à la pâte tous azimuts, menant son équipe et son personnel tambour battant… Maçonnant, soignant les animaux, présentant longtemps lui-même son spectacle d’otaries, manager, logisticien, public-relation, il est un homme très sollicité…

Investissant, faisant évoluer son entreprise, son parc d’attractions, il achète ses premiers manèges (notamment en Italie) et optimise davantage l’espace disponible du parc. La concurrence est rude dans ce secteur et après maintes recherches, Jean-Marc VANBERG découvre une usine de manèges en Chine qu’il va visiter, nouant des contacts sur place. Bénéficiant d’un bien meilleur rapport qualité-prix, il investit dans de nouveaux manèges au coût de revient inférieur à l’Europe. Ces trois dernières années ont vu émerger de nouvelles attractions modernes et plus sophistiquées qu’auparavant, pour le bonheur et le divertissement des jeunes et des moins jeunes… Ce parc a aujourd’hui tout d’un grand, mais en moins grand…

Tout a été soigné, la sécurité, le cadre, l’image de marque, et également les nombreux animaux dont il est très proche et soucieux au point de les avoir parfois veillés au sens littéral du terme lors de mises bas ou de maladies… Je me rappelle avec émotion d’une soirée partagée avec mon ami, alors qu’il portait le deuil de son otarie « ELSA » qui trépassa le 11-12-2013…

Aujourd’hui, Jean-Marc VANBERG est devenu un homme d’affaires, très impliqué dans la vie de son entreprise. Il a du déléguer à des collaborateurs de confiance certaines tâches qu’il ne peut plus assurer lui-même comme auparavant, tant la gestion managériale du Parc est chronophage…

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Le 16 juin 2020, lors de l’entretien consacré pour cette chronique

J’aime évoquer une anecdote avec Jean-Marc qui fut déterminante dans ma vie par la suite et jusqu’à aujourd’hui. Nous sommes un soir de novembre 2004, accoudés au bar d’une brasserie de Huy. Un ami commun est parti s’installer dans les Alpes Françaises et nous ne l’avons pas revu depuis un bout de temps. En quelques minutes, une idée saugrenue fait surface, celle de « descendre » tous les deux les 850 km en voiture, dès le lendemain matin à l’aube pour rendre une visite surprise à notre ami qui ignore tout de notre démarche.

Trois jours et deux nuits mémorables s’il en est, qui ont eu pour effet sur moi de n’y retourner qu’une quinzaine de fois depuis lors (cf chroniques « Que la montagne est belle » Cliquez ici pour la lire et « Concert de Sting » au Summum de Grenoble cliquez ici pour la lire).

A l’issue du long entretien que Jean-Marc m’a consacré, alors qu’il est très occupé en vue de la réouverture de son Parc, il me confie:

« Actuellement, la situation est très compliquée car il faut littéralement recommencer tout à Zéro, suite à l’arrêt de l’activité causée par la crise sanitaire et le confinement. Il faut garder la tête hors de l’eau et sauver la saison… Les infrastructures du parc et les animaux demandent beaucoup d’entretien et de frais de fonctionnement toute l’année… Nous travaillons activement en vue de la réouverture escomptée début juillet 2020, voire un peu plus tôt éventuellement pour la partie animalière… Je me battrai toute ma vie pour ce parc… »

Et lorsque je lui demande enfin s’il souhaite évoquer une anecdote nous concernant tous les deux, il me répond ceci:

« C’est difficile, il y en a tellement… Je peux te dire que tu m’as apporté une amitié dont j’avais besoin, qui me fait du bien… Je suis très entouré, mais je n’ai pas tant de véritables amis… »

Là, tu m’as touché, Jean-Marc, je suis resté sans voix…

Attablés tous les deux à l’établissement horéca dont il a également récemment repris la gestion, au pied de la gare du téléphérique jouxtant le parc, je referme mon carnet de notes et nous savourons l’instant, puisque la vie est une succession d’instants dont il faut profiter, sans jamais aucune garantie…

Je ne peux clore cette chronique sans joindre les liens Youtube du parc, que vous pouvez consulter en cliquant sur chacun d’eux, ci-dessous:

Vidéo promo (1 min) Mont-Mosan

Vidéo promo (10 min) Mont-Mosan

Les Pépères Soreil – Mont-Mosan

Page Facebook, Mont-Mosan Huy

Merci Jean-Marc pour ton amitié, pour le partage,

Respect pour ton incroyable parcours de vie,

Je te souhaite une belle route,

Vincent Poitier

17 juin 2020

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