102 – Chronique du pied gauche: « Sawhis, Havelange, 15 Ha de nature »

« Il y a des matins, tu sens vraiment, que ça n’ira pas bien » (Freddy Tougaux)… Cette phrase devenue mythique et émanant des réseaux sociaux influença le baromètre de ce dimanche 22 août 2021…

Il existe des jours comme ça… Ça ne veut pas démarrer…

Grasse mat’, pyjama, film, divan, café, clope (c’est pas bon de fumer!)…

Il pleut par intermittence, le thermomètre plafonne à dix-neuf degrés Celsius, bof…

Seize heures s’impose comme un glas dominical… Un rai de soleil ravive l’appel de la nature…

Merde! On va voir les étangs d’Evelette (Ohey), à vingt minutes en voiture…

Lien web: « Les étangs d’Evelette »

Aux « portes » d’Havelange, bénéficiant d’un parking aisé, le lieu n’est pas destiné à la ballade mais plutôt aux pêcheurs… Deux étangs situés dans un cadre rural, une terrasse, une taverne-friterie… Sympa, mais trop court pour nous…

De retour à la voiture, on se « frite » à peine tous les deux, portable en main, connexion internet mauvaise, à la recherche d’un petit espace nature didactique sur Havelange et dont j’avais eu connaissance sur Facebook quelques semaines plus tôt…

On active donc le « pifomètre » qui nous mène sans trop de difficultés au lieu dit le « Sawhis », espace nature d’une quinzaine d’hectares parcourus de deux itinéraires d’un peu plus de deux kilomètres chacun… Vu le degré de motivation en ce jour, ça devrait faire l’affaire…

Lien web pour le « Sawhis »

On stationne sur une des deux aires réservées où nous abandonnons notre véhicule pour une heure environ…

Le panneau indicateur du lieu semble explicite, on hésite peu… Go!

C’est moyennement balisé (un rectangle rouge) et nous empruntons un sentier herbeux, conformément au plan initial affiché peu avant le parking, à hauteur du parking vélo…

Quelques signalétiques didactiques sur le biotope local (vergers, tiges etc…) nous rassurent sur la direction à suivre, mais rapidement, nous nous retrouvons à patauger dans un champ aux herbes détrempées et généreuses sur fond de boue… (on vient de louper la première petite bifurcation…)

Les pieds trempés, mon caractère tout autant, je râle plein mes bottes sur ce projet qui tend à capoter, tant nous ne parvenons pas à nous frayer un passage à cause des clôtures en barbelés… Laurence ne dit rien, mais n’en pense pas moins… Faut dire qu’elle me connaît… C’est comme les averses de pluie, faut attendre que ça passe, et ça passe…

L’idée de rebrousser chemin commence à s’imposer à nous, mais pugnaces, nous enjambons les dites clôtures et longeons une sapinière dont nous apprenons rapidement qu’elle est en terrain interdit au public, mais bon, flûte! C’est mal foutu…

Nous retrouvons très vite le chemin initial que nous avions manqué de peu… Une aire de parking, des tables de pique-nique en bois, des signalétiques claires et didactiques et touristiques, on s’assied deux minutes…

A la rencontre de deux chemins, un écureuil traversant celui de gauche (balise rouge) nous invite à emprunter cette direction… Laurence salue une rainette, tandis que je ne râle plus, sauf pour mes chaussettes détrempées…

Des caillebotis accueillent nos pas sur quelques dizaines de mètres, dans un val parsemé de genêts jaunes, notamment… La nature nous embrasse et me met une petite claque condruzienne, ce qui n’est jamais pour me déplaire… La nature a toujours le dernier mot, avec moi…

De retour au parking, l’effort que nous avons fourni aujourd’hui nous semble disproportionné par rapport au degré de difficulté qui est faible, compte tenu des nombreuses randonnées réalisées ces derniers mois… Nos K-way ont servi d’étuves, et nous sommes en nage…

Paradoxalement à l’humeur matinale, celle qui nous envahit est plus légère… Il est 18h15, et nous téléphonons à « L’Eau en Fleur » (lien web en cliquant ICI) à Tinlot, chez Michèle et Eric qui nous accueillent régulièrement depuis que nous avons découvert ce restaurant singulier et pittoresque, début 2018…

Michèle, qui devance notre commande car elle connaît nos habitudes, est chaleureuse, comme à chacune de nos visites, et nous papotons quelques minutes avec elle dès notre arrivée… Elle demande si Chloé (notre fille) a accouché, nous acquiesçons avec le sourire et lui relatons ensuite nos petites péripéties bucoliques du jour… On se sent comme à la maison…

Notre repas est excellent, comme toujours, et nous débriefons notre après-midi autour d’un verre…

Nos pieds sont toujours humides mais nos coeurs sont réchauffés! C’est bon…

Finalement, quand une journée est bonne, elle est bonne! Sauf que de temps en temps, le matin ne nous ne le dit pas tout de suite…

Dans la vie, chaque instant compte, et il faut parfois les aménager, voire les construire, au « pifomètre », ces fameux instants… Des instants tout petits, mais aussi très grands… C’est une question de point de vue…

Vincent Poitier, alias « le Pensiologue »

22 août 2021

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