254 – Billet slam: « Sentiments effervescents. »

La vie n’est pas une sinécure, faut pas faire sauter les sutures.

Circulez, y a rien à voir, dans les couloirs du désespoir!

J’vous parlerai peut-être demain, quand j’aurai retrouvé mon ch(e)’min.

Vous mouchez pas dans mon linceul, j’préfère marcher un peu tout seul.

Je ne crains pas les jours d’errance, même si je dois m’faire violence.

Laissez-moi là, j’vais vous r’tarder, me faut qu’ un bic et du papier.

Faut que j’me raconte mon histoire, histoire de dissoudre mes déboires.

Les chopes m’ont pécho aux échoppes, et parfois elle me firent les poches.

Y a tout de même un p’tit « két-chose » qui cloche.

Eclopé, j’ai clopé, clopin clopant, ça m’a même un peu rongé les dents.

J’ai souvent fermé les deux yeux, confiant toutes mes douleurs à Dieu.

Pourtant bon sang, j’ai fait de mon mieux, interrogeant tous mes aïeux!

Au bord des vagues, j’ai posé mon sac, écoutant la drague du houleux ressac.

Puis j’ai aussi jeté ma hargne, en haut de mes belles montagnes,

Le regard perdu dans le vide, le coeur battant d’un pouls lucide.

Les émotions des gens, en moi, sont un effervescent.

Et quand déboule la foule, je fuis en réfutant le moule.

Je sais c’est peu original, c’est même assez marginal.

Je suis un dissident, je ne suis pas comme ces gens,

Ceux qui de moi abusent, de cet appel que je récuse.

Madame, Monsieur, si un jour vous devenez vieux,

Rappelez-vous ces belles paroles, qui n’sont p’t’être pas qu’une parabole.

Perdre son temps de temps en temps, peut être un bel investissement,

A écouter son coeur, on écrit un avenir meilleur.

Ce n’sont p’t’être pas que des conneries, puisque j’les dis à la Slamerie.

Vincent Poitier, alias « le pensiologue. »

07 décembre 2025.

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