STING – concert du 28/10/19 au « Summum » de Grenoble (France)

Ce ne fut pas une mince affaire d’obtenir deux places pour l’une des dates de concert proposées en France et en Allemagne, à l’automne 2019. Des heures de file virtuelle au guichet de vente de tickets sur le Web, en vain… Impossible de finaliser dans les vingt minutes les transactions de paiement proposées pour les dates de Lille et Paris, destinations situées à distance raisonnable de notre lieu de vie… Frustrant… D’autant que Laurence, ma compagne, en rêve pour célébrer son jubilé… Le projet est avorté fin juin…

A la mi juillet, lors de pérégrinations sur internet, petit miracle, une nouvelle date est ouverte suite à certaines annulations antérieures, STING étant souffrant…

Grenoble, 28 octobre… Le guichet virtuel est ouvert depuis trois jours, ce qui ne nous laisse pas augurer d’une bonne nouvelle quant aux disponibilités. Consultation du plan de la salle « Le Summum », sur le site de « Alpes Expo », en périphérie de Grenoble. Carré « Or », deux places contigües, deuxième gradin, rang ZL, sièges 51 et 53… Clic… paiement Visa et, Euréka! Téléchargement de nos deux billets, emballé c’est pesé!

Reste à envisager les huit-cent kilomètres de trajet. Vaujany (cf chronique « Que la Montagne est belle » et la fin de mon roman « ELIOT » – cf page ad-hoc sur ce site), s’impose comme étant le lieu de villégiature idéal, à quarante-quatre kilomètres de Grenoble.

Téléphone, réservation, chambre double, et à nouveau Hourra! Nous obtenons quelques nuitées fin octobre à l’hôtel « Les Cîmes », où nous avons séjourné une douzaine de fois ces quinze dernières années. Ne reste qu’à patienter…

Les jours se suivent et se ressemblent, ou pas… Quelques treize semaines plus tard, la date tant attendue s’affiche au calendrier, le 28 octobre 2019. Nous sommes à Vaujany, en farniente. Nous embarquons en voiture vers 16 heures et j’encode la rue Henri Barbusse à 38100 Grenoble dans le GPS, adresse du « Summum ». Soixante minutes plus tard, nous effectuons plusieurs fois le tour du quartier de « Alpes expo » en quête d’un emplacement de stationnement gratuit. Le parking du « Summum » n’ouvre ses grilles qu’à 18 heures, nous répond un vigile… Mince! Nous sommes trop tôt, c’est un comble. Le parking « Grand-Place », du centre commercial du même nom, dans l’avenue perpendiculaire, fera parfaitement l’affaire.

Nous nous sustentons au snack Thaïlandais de la galerie commerciale et nous présentons aux grilles du « Summum » vers 18.30 heures. Fouille pro-format, Scan des tickets, hôtesse d’accueil qui nous mène au second gradin, voilà nos sièges…

Déception… Deux sièges à rabat en plastique bleu, entre lesquels on peut à peine glisser un doigt. Mes genoux se heurtent au dossier du rang devant moi. Pour le prix, c’est cher payé, et la salle évoque une halle aux puces… Cinq mille personnes pourront tout de même s’y engouffrer. La chaleur se fait sentir, les lumières s’éteignent, le public réclame… Tom LEEB (le fils de Michel) nous fait très élégamment la première partie, sans complexe, et il emmène le public durant une demi heure… La salle est chauffée, dans quelques minutes, STING apparaîtra sur la scène. Huit jours plus tôt, il avait le bras gauche en écharpe, blessé et opéré à l’épaule, il ne put jouer de la guitare. Sera-ce le cas ce soir?

Du mouvement sur la scène, ça y est… Non, c’est un régisseur, ensuite un technicien qui place des bouteilles d’eau au pied des micros… Quelques sifflets et huées du public… La musique d’ambiance cesse, un moment de calme absolu et… La Messe commence…

Gordon Matthew Thomas Summer, alias « STING », surgit de la gauche de la scène, vêtu d’un loden noir masquant à peine son bras gauche en écharpe. La star ne sera pas musicien ce soir, mais qu’importe, il est là, à quelques trente mètres de nous. Il s’adresse d’emblée au public en français, et retrace un pan de l’histoire de ses débuts, alors qu’un patron de bar ne croyait pas en lui… Il lui répondit alors, « Vous vous trompez, monsieur, vous vous trompez… » A 68 ans, le Dieu vivant entame sa première chanson… « Roxanne », immédiatement suivie par « Message in a bottle »… Son fils est à sa gauche, à la guitare. Un harmoniciste (cadet du groupe) excellentissime, gratifie le spectacle musical de son talent.

« The shape of my heart » me noue la gorge d’émotion, au point que j’en ai oublié l’inconfort de nos sièges étriqués… La majorité de nos compagnons de gradin chante en coeur. Une union sacrée opère, une émotion collégiale envahit les quelques milliers de fans dont la moyenne d’âge est variable mais avoisine les quarante ans, sans doute…

Un sentiment de plénitude m’envahit… Une parenthèse enchantée dans une vie complexe et tourmentée… J’en aurais presque oublié que je suis en train de perdre mon  boulot… Qu’importe ce soir, plus rien n’a d’importance que le spectacle que nous vivons… L’instant présent, chaque instant… Un nectar…

Le rappel endiablé de trois chansons, dont « Russians », texte solennel et engagé s’il en est, sonne le glas de cette féérie… Mon taux d’adrénaline et de sérotonine me garde en extase jusqu’aux portes de la salle où nous échangeons quelques minutes avec un couple du cru, histoire de débriefer…

Retour véhiculé à Vaujany, dans le noir pluvieux et sinueux des montagnes…

Le calme du village perché à 1250 mètres d’altitude tranche sérieusement avec l’effervescence du « Summum »… De quoi se recueillir spirituellement et savourer encore le souvenir tout frais de deux heures d’orgasme émotionnel…

Merci, Gordon Matthew Thomas Summer…

Vincent,