(déf: manuscrit constitué d’un parchemin déjà utilisé, dont on a fait disparaître les inscriptions pour pouvoir y écrire de nouveau.)
Hé les reufs, hé les keufs!
De l’ombre d’Alceste, il ne m’en reste que le geste.
Je conchie ce passé comme on fuirait la peste.
Régalien trop humain, trop de boue sur les mains.
De cet hier que je conteste, il en demeurera toujours un zeste.
Mon discours ampoulé fait montre de pudeur, tentant d’atténuer l’indicible douleur.
Autorité incestueuse, tu as l’âme d’une faucheuse.
Phagocyte implicite, tu retournes ta veste.
Frappé d’anathème pour cause de blasphème, tes suppôts de bureaux m’ont fait quitter la scène.
Mais mon coeur trop vaillant a des soutiens célestes, qu’aucun homme belliqueux n’éludera la vindicte.
Colère sourde devenue bien trop lourde, éjaculée sur les poubelles de mes limbes, c’est à toi que j’en veux, à cette maudite tenue bleue…
Oser dire les choses, traduire cette forme de psychose, sans vomir sur mes pieds qui réapprennent à marcher, c’est tenter de rester digne, de passer à la ligne…
J’ai écrit tous mes textes, couchés sur mon palimpseste, sur un papier froissé, sur un ton policé.
L’enfer c’est les autres, ceux qui tard dans le noir, me renvoient en miroir, cet ancien argonaute, n’ayant jamais crié victoire.
De ces anciennes missions, je suis en rémission, il faut juste que j’accepte, qu’au travers cette lettre, on perçoive cette défaite.
Toutefois je refuse, si un jour on m’accuse, d’être responsable d’avoir bâti sur du sable.
Je ne suis rien ni personne, mais je suis et j’existe, et pour ça je résiste.
Je n’ai pas les mains sales, d’un système qui exhale, les relents du vassal.
Loin d’être dithyrambique, ce discours pathétique, est le requiem d’un flic, consumé, assumé, d’un homme libéré…
A partir d’aujourd’hui, qu’on ne m’en parle plus, parce que je vous le dis, cet homme n’existe plus.
Vincent Poitier, alias « le pensiologue. »
19 avril 2026.
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