- (moi) « Bonjour monsieur, les isoloirs, s’il vous plaît? »
- (x) « Vous prenez ce couloir, au fond à droite, non non, à l’extrême droite, puis vous tournez tout à fait à gauche. Les isoloirs sont dans la grande salle, au centre. Vous recevrez votre bulletin de la main d’un assesseur. »
- (moi) « Mais je n’ai pas passé d’examen! Pourquoi un bulletin!? »
- (x) « Même pas un petit examen de conscience, cher monsieur? »
Pour qui me prend-il, celui-là? Avec son air condescendant…
J’emprunte le fameux couloir, je longe les murs (et les immatures), je me faufile dans la masse qui se masse, ceux qui s’agacent que je les dépasse (oui, je n’ai plus le temps, ça fait un mandat que je bas le pas), et je pénètre dans l’Antre de la démocratie.
Scrutant le scrutin, muni de mon précieux bulletin, je me gratte une burne, devant cette fameuse urne…
Aucune proposition ne rencontrant mon adhésion, je cherche la pépite, pendant un moment j’hésite…
Lequel de ces candidats ne me coupera pas un bras? Comment savoir lequel me rendra espoir?
Un assesseur me presse, arguant que je paresse. Il me faut faire un choix, parmi ceux que je vois, et libérer la queue, qui me toise tel un gueux.
- (y) « Avancez, bon sang! On a pas tout notre temps! »
- (moi) Ah, parce que vos comptez le temps!? Et vous faites ça tout le temps!? Moi ça fait cinq ans, que j’attends ce moment! Je dois donner maintenant ma voix, car après je serai muet jusqu’au prochain tournoi. Permettez que je réfléchisse, avant que mon choix ne périsse. »
La peste ou le choléra, aucun ne m’emportera. Plutôt crever que me fourvoyer!
Voter blanc et m’abstenir, être un votant qui ne sait pas choisir!
Qui ne dit mot consent, même au gouvernement.
Allez Vincent, bon sang! Tu n’as qu’à cocher une case, ne passe pas pour un nase…
C’est pas ta voix qui changera les choses. Et puis te restera toujours ta prose…
Mais dénoncer qui, dénoncer quoi, si je n’opère pas de choix?
Non à la déréliction, et vivent les élections!
Fi des digressions oiseuses, je choisis donc une de ces pies voleuses.
Et j’introduis dans cette urne, mon dévolu taciturne…
Comment offrir sa confiance sur un cas de conscience?
Qui faut-il élire, dans ce monde qui délire?
L’urne ment de douleurs…
L’urne ment de doux leurres…
Vincent Poitier, alias « le pensiologue.
1 décembre 2025.
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