267 – Billet slam: « Arrête ton char! » (tribune pensiologique)

Une bonne missive vaut toujours mieux qu’un mauvais missile. Il me semble dès lors nécessaire de mettre à jour certaines notions de langage courant devenues obsolètes voire ambivalentes.

Un scoop ne peut plus, de nos jours, provoquer l’effet d’une bombe.

Etre blindé ne signifie plus être riche. Quoique…

On ne peut plus aller droit obus, ni s’éclater, sans paraître belliqueux.

« Une fille ou un mec canon » est devenu une expression proscrite.

Entre Gibraltar, Ormuz et Béring, il va falloir choisir un des trois…

On ne fera plus de naturisme à Abu Dhabi

Axel Bauer ne chantera plus « Cargo de nuit« , de peur de se faire arraisonner arbitrairement.

Les scouts ne dormiront plus sur des couches en mola…

L’intelligence artificielle est désormais cataloguée au rang des pléonasmes.

On ne dira plus: « Arrête ton char, Ben-Hur!« , mais bien: « Reviens à la table des négociations. »

Le « tank à mazout » s’appellera uniquement « cuve ou citerne » au vu de son évocation éminemment militaire et lucrative.

L’OTAN n’emporte pas le vent, qu’on se le dise.

Les anciens combattants se retournent tellement dans leur tombe qu’on a trouvé du pétrole sous les pelouses d’honneur…

Gardons à l’esprit que les gobelets en carton et les pailles en bambou sont acheminés par porte-conteneurs.

La roquette est une salade et rien d’autre, même si on y trouve parfois des chenilles… Demandez à aneth…

La valeur d’une vie humaine ne se mesure pas au regard de dommages collatéraux ou d’un dogme quel qu’il soit.

La légitime vengeance est un concept strictement étatique et « géopoli-trique », pas humain.

Il semble qu’un militaire soit immunisé contre le chômage, échappant aux mesures de restrictions et de récession économiques. Ce n’est pourtant pas stricto sensu un métier d’avenir.

L’avis d’un Général n’est généralement pas celui de l’avis général…

Plus d’un chef d’Etat doivent avoir un « pète au casque » pour mitrailler les peuples de tant de conneries mégalomaniaques, à l’heure où le consumérisme ne s’étouffe jamais devant les conflits armés.

Les champs de mines de crayons à papier dessinent un avenir plus prometteur que n’importe quel champ de mauvaise mine.

Des êtres meurent pour des mots, pour des chansons, pour des tenues vestimentaires, mais ils ne s’éteignent pas comme la cendre du brasier alimentée par les bombes de la « géopolitrique ».

Les opprimés deviennent des os primés, épinglés au champ d’honneur, pour s’être battus pour leur patrie. Une patrie, pays du père, au sens patriarcal désuet, s’il en est, puisqu’on parle antagoniquement de « Mère Patrie… »

La Terre est ma mère, et le ciel providentiel…

Nous sommes éphémères, et nos vies sacrificielles…

Vincent Poitier, alias « le pensiologue. »

06 mars 2026.

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