


Envie d’un bol d’air? Prenez-donc un bon bol de Bouillon!
Chaussez également une bonne paire de bottines confortables, car nous sommes loin des polders!!
A deux pas de la frontière française, au départ du parking de l’église de Corbion, nous suivons les balises « rectangle rouge n°15 » sur 8.5 km, sous 25 à 27° Celcius.
Quittant doucement le village bucolique, nous pénétrons en forêt jusqu’au point de vue de « L’Epine » offrant une superbe vue sur la face nord du fameux « Tombeau du Géant« .
C’est de ce perchoir que nous pique-niquerons et nous hydraterons, notre sueur ayant déjà imprégné et alourdi nos tee-shirts.
A ce moment, assis sur le banc en bois permettant la pause indispensable, je réalise une fois encore que la nature est majestueuse et règne en maîtresse sur l’Humanité qui n’en finit jamais de se débattre dans des noeuds d’artifices égotiques.
Je suis là, avec mon inséparable Laurence, et rien ne me manque…


Nous poursuivons notre marche en redescendant vers la « Passerelle de l’Epine » qui enjambe la Semois à l’origine de ces méandres spectaculaires sculptant le paysage calcaire ardennais.
Cette passerelle « branlante », construite en 2020, représente une petite attraction au coeur de la forêt. Franchissant le cours d’eau sur 55 mètres, elle dénote un peu avec le cadre naturel mais nous n’y résistons pas.
Quelques baigneurs et leurs chiens rompent la quiétude du lieu, sans toutefois évincer le bruissement de l’eau s’appuyant sur les rochers épars…
Là aussi, nous sortons nos gourdes d’eau, sur un banc à l’ombre des arbres, afin de prévenir le risque de lyophilisation de nos corps en sueur.




Nous longeons la Semois vers l’amont par sa rive gauche sur un sentier un peu technique, jusqu’à une sorte de « petite plage calcaire » où nous posons à nouveau nos sacs à dos, profitant de la fraîcheur que confère le milieu aqueux…
Laurence suggère de faire trempette, ce qui est tentant, mais je me résigne face au fond du lit instable et rocailleux que craint ma chevile gauche meurtrie plusieurs fois. Ce n’est pas le moment ni le lieu de me blesser, ce qui compliquerait sérieusement la suite de la randonnée et le retour en voiture.



Une sérieuse « remontada » par les bois hypothèque notre condition physique et respiratoire, aggravées par la chaleur du jour.
Nous reprenons notre souffle et avalons une part de notre réserve de trois litres d’eau au point de vue vertigineux du « Rocher du pendu« . Quelle récompense! La nature se mérite…
Un banc nous accueille une fois de plus, ce qui est appréciable.


Cheminant sur le dernier quart de l’itinéraire, nous sommes étonnés du dénivelé positif incessant nous menant vers le village de Corbion.
Nous ménageons notre eau, bon gré mal gré, jusqu’au parking où nous attend notre voiture qui nous servira de vestiaire improvisé sous le regard curieux de certains riverains perchés à leur fenêtre au premier étage de leur demeure…
Revêtus de vêtements frais, nous jetons nos serviettes en éponge dans le coffre de l’auto, chaussons nos « Birks » et nous aspergeons de quelques jets de déo.
Nous passons ensuite un moment très agréable chez une amie de longue date, Mumu, qui réside à quelques mètres du parking.
Nous poursuivrons ce moment en soirée, à Paliseul, à la pizzéria « Il Siciliano« , où un accueil très chaleureux nous sera réservé, en terrasse, avec vue sur le soleil couchant, bénéficiant d’une température bien plus agréable que quelques heures auparavant.
Nous ne regrettons pas les cent-vingt kilomètres parcourus, conscients qu’il faudra nécessairement les faire dans le sens inverse, dans un noir d’encre, à plus de vingt-trois heures…
Encore une journée où nous aurons vécu conscients et en présence, les seuls tumultes ayant été ceux de la Semois…
Vincent Poitier, alias « le pensiologue »
20 août 2023.
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