233 – Chronique road-trip anniversaire: « La Corse, île de beauté » (1000 km – 12 jours de ravissements).

Entre mer Méditerranée et montagnes, de O à 2700 mètres d’altitude, du nord au sud de ce territoire îlien singulier, ce voyage fut l’autel magnifique de nos 20 années de vie commue, Laurence et moi-même.

De la Corse profonde aux « ravages » de l’industrie touristique qui anime encore aujourd’hui des velléités contestataires dans le chef des autochtones au nombre de moins de 280000 âmes, les vestiges d’une certaine forme de révolution écumée vers la fin des années 90′ persistent dans l’arrière pays.

La population de ce territoire français vient de loin historiquement et fut déconsidérée de la république métropolitaine jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale qui vit l’éradication par les GI’s américains de la Malaria. Cette maladie contraignit jusqu’alors les transhumances estivales vers les villages situés à 1000 mètres d’altitude au moins, là où les moustiques (vecteurs de contagion) épargnaient les habitants.

S’étant auto-libérés au prix de leur sang, les Corses s’émancipèrent dès les années 50′, développant leurs activités économiques sur les côtes, là où le tourisme se développa lui aussi, connaissant un essor considérable ce qui était loin de plaire à tout le monde.

Les « guérillas » indépendantistes et nationalistes s’apaisèrent à l’aune des années 2000, dans la douleur et la répression régalienne avortée heureusement dès les premiers émois sérieux qui firent des victimes de toutes parts.


1ère étape: « L’Île Rousse » (Nord-Ouest)

Nous atterrissons le mercredi 7 mai 2025 à 15h00 à Bastia (Nord-Est, pied du Cap Corse) et réceptionnons notre voiture de location toute neuve (2000 km au compteur). Aucun incident répertorié hormis mon café que j’ai jeté à mes pieds sur le carrelage de la porte d’embarquement à Charleroi…

Transit routier immédiat d’une heure et quart vers notre premier hôtel (Santa Maria) à L’Île Rousse, en front de mer, quasi le nez dedans depuis notre terrasse.

L’Île Rousse, donnant son nom à la localité, est un isthme rocheux abritant un port de plaisance et de commerce accueillant quotidiennement quelques ferries/malles impressionnants, liens avec l’hexagone. Cette localité passe de 3000 âmes à 20000 en été. Nous sommes heureux d’y être venus en début de saison…

Le temps est frais et un peu venteux. Un gilet s’impose pour le premier repas du soir, dans les très charmantes rues piétonnes que nous arpentons à 500 mètres de l’hôtel. La charmante terrasse de « L’Arcubalenu« , restaurant de spécialités Corses situé rue Paoli, nous accueille chaleureusement avec des chants du cru. Nous apprenons que le patron (un vrai Corse) chantera des chants typiquement corses le soir du samedi prochain (dans 2 jours). Nous y serons!

Une pluie fine nous saupoudre au retour vers l’hôtel.

Jeudi 8 mai, après le petit déj’ bercé par le ressac, nos gravissons le chemin vers le phare trônant sur l’Île Rousse (île de la Pietra). Premier panorama enchanteur!

Première excursion véhiculée via la D151 sur Pigna, village typique de Balagne, où l’on battait le blé de façon ancestrale. Aujourd’hui à vocation artisanale et touristique, Pigna offre une très belle vue sur la baie d’Algajola, au détour de ses ruelles et venelles, sur la côte et son retrait forestier.

Nous renonçons à St’ Antonino la Trinité car la route est barrée après Pigna, et décidons de rejoindre Calvi et son golfe par la T30 longeant la côte superbe. Capitale de la Balagne, Calvi est une petite ville qui aurait vu naître Christophe Colomb, paraît-il (A l’époque, en république de Gênes).

Peu inspirés par cette bourgade citadine, nous grimpons jusqu’à la Citadelle dont les remparts abritent artisans et exposants divers. L’église St Jean-Baptiste mérite le détour, de même que le panorama.

Retour à l’hôtel Santa Maria. Sur la place Paoli de l’Île Rousse, nous nous sustenterons à une table du restaurant italien « Les 4 becs« , au son des cloches de « Habemus Papam » (vive Leon XIV) qui retentirent à 19h40 comme à peu près partout dans le monde à ce moment historique qui ne parvient pas à distraire les nombreux joueurs de boules.

Vendredi 9 mai, direction Corte, le coeur historique de la Corse, et siège de la révolution du XVIIIème siècle. Via la T30 nous faisons halte à Ponte Leccia où un pont Gênois enjambe le Golu. Détour par le « Super U » local pour quelques provisions d’appoint utiles lors de nos déplacements et dans la chambre.

Corte nous accueille aux abords de son magnifique et singulier centre historique ainsi que sa Citadelle, le reste de la ville ne paraissant pas susciter plus d’intérêt (ville universitaire au caractère quelconque, à notre humble avis).

Le belvédère de la Citadelle mérite réellement le détour car la vue à près de 360° sur les montagnes est saisissante (ne parlez pas au vendeur de souvenirs qui est un baratineur très sympathique!)

Déambulant dans les vieilles ruelles ceignant la place Gaffory (Jean-Pierre Gaffory, médecin et chef de la révolution corse au XVIIIème siècle, né à Corte et y assassiné en 1753 à 49 ans), nous visitons l’église de l’Annonciation qui accueille une cérémonie funèbre quelques minutes après notre passage. Nous décidons de prendre un café au pied de la statue de Gaffory, curieux de cette cérémonie locale qui rassemble un cortège d’habitants du coin. Nous pouvons ouïr les chants religieux corses émanant de la nef.

Nous gagnons ensuite la place Paoli, père de l’identité corse (Pasquale Paoli 1725-1807, premier opposant à la domination génoise puis à la conquête française de l’île en 1769, « J’ose dire que ma vie entière a été un serment à la liberté« )

Remontant par la T30 vers le nord-ouest, nous bifurquons via la T301 qui est beaucoup plus dans son jus, en direction de Belgodère. Virages, virages, encore des virages, vaches en liberté sur la route, chèvres, carcasses de voitures calcinées dans certains ravins, panneaux de localités criblés d’impacts de balles, tags révolutionnaires (FLNC – front de libération nationale corse) bref, on est clairement au coeur des clichés. Nous ne croisons quasiment personne jusqu’à parvenir au col de Novella S. Colombano (692 m) où un arrêt s’impose tant la vue nous happe…

Deux rasades d’eau fraîche et direction Belgodère, en redescendant vers le littoral. Pas question d’apéro lorsque l’on prend le volant, surtout sur des routes pareilles! Il est quasi impossible de quitter des yeux le tarmac et il faut ménager les freins qui sifflent un peu.

Belgodère est un village typique qui arbore quantité de drapeaux corses (même en son église) et qui bénéficie du passage de quelques touristes qui auraient peu de raison de séjourner plus d’une paire d’heure. Un bar, « L’Acupulatta » (bar à vin, produits corses), retient notre attention, en bordure des trois voiries qui croisent le village.

Je m’autorise un verre de bière corse ambrée de Pietra châtaigne et Laurence un verre de vin blanc, autour d’un fût en bois faisant office de table. Le patron et un de ses potes sont peu loquaces mais toutefois sympathiques. Un habitant voisin promenant son vieux chien les hèle: « Alors, l’hiver s’est bien passé? » « Oh, il est passé!…« , lui répond notre hôte, nonchalamment. Il me dira qu’il élève des tortues, m’invitant à entrer dans sa guinguette où pendent des dizaines et des dizaines de saucissons… (je pense qu’il s’est foutu de ma poire gentiment, même si les élevages de tortues existent bien dans le pays…)

Après un apéro terrasse à la chambre du Santa Maria, on se tape ce soir une excellente paella dans les rues de l’Île Rousse, rue Napoléon, « Chez Paco« , dans un cadre romantique agrémenté par la charmante Florie qui nous servira avec chaleur et sourire, rejointe par le patron Paco, intrigué par le fait que je rédige des chroniques sur mon blog. Je leur ai promis de leur faire un clin d’oeil dans celle-ci, et de leur envoyer mon récit (merci pour le digestif !)

Samedi 10 mai, nous avons déjà parcouru plus de 200 km depuis notre arrivée sur l’Île de beauté.

Petit déj’ paradisiaque, direction St Florent, au pied du Cap Corse, non loin de Bastia, via la très sinueuse D81 longeant le désert des Agriates, partie du territoire non peuplée et dont la chaleur est écrasante en plein été, apprend-on.

La vue depuis le Bocca di Vezzu (430 m) est époustouflante. Une centaine de Harley Davidson s’y regroupent, pétaradant en pleine nature. Nous sommes heureux de ne pas les avoir croisés dans la montée du col!

Saint Florent est une petite bourgade portuaire dont la citadelle n’en porte que le nom (elle est rikiki…). Visite sympathique, surtout la marina, où nous nous désaltérons au bar « L’Escale« , à quelques mètres des nombreux bateaux et des Yachts.

Ce soir-là, dernier soir à l’Île Rousse et veille de l’anniversaire de nos 20 ans de vie commune, nous retournons à « L’Arcubalenu » rue Paoli où l’on nous a promis des chants corses (rappelez-vous, si si!).

La terrasse du restaurant est quasi comble dans la rue, et nous ne serons pas déçus du tout. Trois chanteurs corses (dont le patron du lieu), nous ravissent durant deux heures de leurs voix et du patrimoine local ressortant de leurs chants évoquant la Liberta, la révolution, le deuil d’un ami cher, et en point d’orgue un « Hellujah » qui m’arracha une larme au coin de l’oeil lorsque toute la rue s’est mise à chanter en choeur… Tout cela autour d’un plat typique et local, un régal à tous points de vue!


2ème étape: « Bonifacio » (sud-est)

Dimanche 11 mai (nous avons 20 ans!), mais 220 km nous attendent (5 heures de route via Corte, Aléria, Porto Vecchio) avec de brèves pauses dont Solenzara qui ne mérite pas qu’on s’y attarde (plein de carburant oblige).

Par contre, l’arrêt s’impose à la plus belle plage de l’île, dit-on, sainte Giulia. Ah, pour être beau, c’est beau, c’est même paradisiaque, mais beaucoup trop touristique! Je parie que péter un coup est facturé aussi… Transats, jet-skis, bateaux, paddles à louer, certes, mais très peu pour nous… C’est surfait et totalement dénaturé par l’industrie économique touristique (à laquelle nous participons, mais quand-même…)

Notre second hôtel « Version maquis » est vraiment perdu au coeur du maquis qui est magnifique et très calme. C’est splendide! Onze chambres seulement (deux par chalet) avec vue imprenable sur le vaste maquis et la mer au loin. Piscine à débordement, c’est Waouw!

Nous mangerons sur place en soirée à la table d’hôtes qui ne sert que des produits locaux.

Après une nuit au sommeil profond, lundi 12 mai nous émergeons des draps moelleux avec une vue à faire pâmer Georges Clooney! Petit déj’ de produits locaux et artisanaux et puis… une drache nationale inattendue d’une heure et demie. Tant pis, on chope un bouquin au lit en admirant le paysage.

13h00, le soleil sèche les lattes de notre terrasse en bois. Direction Bonifacio. Nous stationnons gratuitement au parking de l’hôtel « Version maquis Citadelle » (succursale du nôtre), à deux pas de la marina. Nous accédons à la ville haute à pied, via un escalier pavé vertigineux.

A droite, la ville haute et sa citadelle, à gauche, la balade sur la crête des falaises. Ces falaises nous appellent, et nous arpentons leur front à couper le souffle sur quelques centaines de mètres, un des points d’orgue du séjour, faut-il l’admettre…

La ville haute est jalonnée de rues et ruelles pittoresques constituant certes un piège à touristes mais inévitable à visiter. Plusieurs églises, le cimetière marin, les panoramas insolites, un vrai bonheur pour les mirettes et le palpitant!

Repas du soir à la marina de Bonifacio, à « L’Ancura ». On n’a pas osé demander la navette de l’hôtel « Citadelle » (un Range Rover très classe), et on est remontés à pied au parking par la côte « galibienne » jusqu’au parking haut perché (3 arrêts, mais pas cardiaques…)

Mardi 13 mai, on va la faire plus cool. Un peu de piscine, transat, lecture, contemplation de la faune et de la flore locale… Farniente, mais tout de même, vers 15h30, la bougeotte nous assaille à nouveau!

Baie de Santa Manza à l’Est de notre position, au Roccio Bianchi (rocher blanc, je suppose). Ce n’est pas trop loin, il n’y a presque personne, et c’est ma-gni-fi-que!

Au nord-ouest de Bonifacio, sur la côte, ça me titille d’aller visiter « L’Ermitage de la Trinité » (219 m).

Le temps de trouver la petite route qui semble n’exister que sur la carte en papier, nous montons sinueusement (ben oui…) et ne regrettons certes pas le déplacement! Personne mis à part des joueurs de boules endiablés devant le bâtiment de l’ermitage dont la chapelle est charmante.

Un sentier m’intrigue. Il mène à un surplomb rocheux qui permet d’admirer Bonifacio perchée sur ses falaises majestueuses. Nous ne cessons d’être cois. Quiétude, recueillement, tels des pèlerins, nous savourons chaque instant…

Resto du soir dans le port de plaisance de Bonifacio (nous avons stationné l’auto gratuitement, ce qui relève du miracle dans cette cité!). Notre choix se portera sur « Côté fruits de mer », où Adrien nous a sympathiquement convaincus avec son bagou souriant. On s’est tapé une bonne casserole de moules chacun pour clore cette belle journée.


3ème étape: « Ajaccio (Porticcio) »

(façade est)

Mercredi 14 mai, un balai de quatre à cinq avions Canadairs en exercice fait l’attraction dans le ciel bleu du matin corse, à l’heure du petit déj’. Sandra, la dame qui assure l’entretien de notre chambre, nous salue chaleureusement et signale qu’elle nous a vus la veille au soir dans le port de Bonifacio mais qu’elle n’a pas osé nous déranger et nous héler. Dommage… lui dis-je. Originaire de Nouvelle Calédonie, elle nous déclare que le paysage du maquis lui évoque son pays d’origine.

Quittant le maquis un peu à regrets vers 13h30 après un dernier passage sur le transat piscine muni d’un bon bouquin face à Dame Nature, transition cette fois vers Ajaccio, plus précisément à 18 km de la ville, à côté de Porticcio.

80 km d’étape (2h30′) moins pénible, passant par Sartène et Propriano via la T40. Un trajet agrémenté de vues imprenables sur des baies et des anses au couleurs dignes des lagons tropicaux…

L’hôtel « Radisson Blu » est plus gros que les précédents, mais est planté en plein front de la plus grande baie corse, nous assure-t-on. Notre balcon nous permet de profiter allègrement de cette vue exceptionnelle jusqu’à la fin de notre séjour.

Un bout de piscine (aussi en front de mer), un apéro au lounge bar, et repas du soir à côté de l’hôtel, « Chez Alain ». Un coucher de soleil dantesque dévore le ciel de la baie, salué par quelques discrètes exclamations des clients de notre terrasse.

Jeudi 15 mai, visite obligée de Ajaccio, capitale de la Corse, regroupant près de 40% de sa population totale (75000 âmes) mais comportant toutes les caractéristiques d’une ville telle Marseille, en moins gros. Embouteillages (plus d’1 heure de traversée aux heures de pointe), buildings, avenues, une certaine anarchie à l’égard des règles de conduite, le tout engoncé et enclavé sur le coteau de la montagne. Bref, on aime pas trop, mais nous arrivons à nous garer dans une zone gratuite à 2km de la vieille ville.

Loin de nous ravir, la vieille ville mérite tout de même que l’on s’y attarde quelque peu, dans le piétonnier bien entendu, ainsi que pour les sempiternelles superbes vues sur la baie.

Hésitants, nous pénétrons dans l’enceinte de la citadelle et heureusement. Il y règne une atmosphère villageoise, avec des artisans, de vieilles pierres, de même qu’une buvette bucolique et attirante ce à quoi nous ne résistons pas longtemps, causant un peu avec les autochtones qui en ont la charge.

Retour pédestre au-delà de la marina, en quête de notre « toto », et retour à l’hôtel.

Un repas très romantique à la terrasse en bois sur pilotis, au « Rivoli », au-dessus du ressac sur la plage de sable, nous invite à la détente du coeur, des jambes et des papilles. Sans doute un de nos meilleurs moments (si pas le meilleur) restauranesque. Un service impeccable, notamment fourni par Anthony qui fut un gentleman à l’égard de ma namoureuse Laurence, lui procurant un plaid pour étouffer la fraîcheur de la soirée un peu venteuse.

Vendredi 16 mai, Leïla, de l’équipe petits déjeuners du « Radisson Blu », affiche tout comme la veille un sourire et une présence solaires, à l’instar de tous les autres membres du personnel. Elle nous explique être d’origine marseillaise et vivre en Normandie, ce qui est étonnant.

Extrêmement serviable et chaleureuse, nous la remercions. Je lui promets de la citer dans ma chronique.

Programme du jour, les gorges du Prunelli, via Ocana et Tolla (via la D27, à 1h30 de route sinueuse), sur les bords d’un lac artificiel. Leïla nous recommande d’aller admirer la cascade du voile de la mariée, haute de 150 mètres.

La route bucolique de moyenne montagne est très belle et devient même enchanteresse par endroits. Tolla est perchée à 645 m d’altitude sur le bord du lac du Prunelli d’où la vue est encore une fois exceptionnelle (je ne trouve plus de superlatifs adéquats…). Le hameau est charmant, très carte postale. Plus loin, enjambant les gorges par un pont en pierres, nous rencontrons des touristes avec qui nous papotons un quart d’heure au sujet du paysage, des routes, et tout le toutim. Les eaux du Prunelli évoquent le Stub Lemon et rebondissent sur les nombreux rochers n’entravant que peu leur écoulement mélodieux.

La voirie étroite nous réservera quelques surprises. Croisement d’un autocar lui-même évitant un gros chien vautré en travers la chaussée et qui ne daignera jamais bouger un coussinet. Des chèvres, des cochons mi-sanglier mi-porc (noir, bai, blanc) en liberté et indifférents à la présence des voitures, et des centaines de pierres éboulées sur la chaussée nous contraignant à circuler sur la gauche de celle-ci, à la merci d’une prochaine chute endommageant la carrosserie de notre belle auto de location toute neuve (mais on a pris l’omnium…).

La montée du col de la Scalella (1293 m) est un peu épique, on croirait quitter la civilisation, mais la vue là-haut est digne du petit périple que nous avons effectué. De la neige demeure, impassible, sur les pics montagneux au-delà de 2000 m.

La descente vers Bocognano est plus dégagée au niveau des éboulis et nous échouons au pied de la fameuse cascade du voile de la mariée, accessible en 20′ à pied via un sentier en escalier rocheux, ce qui est loin de plaire à Laurence qui déteste les ravins mais se fait force pour mériter le spectacle fabuleux qui s’offre à nous au pied des 150 mètres d’une chute d’eau déique! La grêle et ensuite la pluie honorent notre visite durant un quart d’heure de contemplation que le soleil termine de magnifier…

Plongeant ensuite vers Ajaccio en fin d’après-midi, nous entreprenons de faire d’une pierre deux coups et donc de tenter d’atteindre la pointe de la Parata d’où nous pourrons admirer les îles sanguinaires, visibles au large de la baie depuis notre chambre d’hôtel.

Sauf qu’à cette heure-là, il faut traverser toute la ville d’Ajaccio… Cela nous prend plus d’une heure, mais soit, là aussi, il ne fallait vraiment pas rater ça.

Les Îles Sanguinaires nous rappellent la Pointe du Raz, dans le Finistère, sous un soleil chaud et radieux. Le vent du large porte la houle qui jette littéralement les vagues méditerranéennes s’abattant sur les éperons et estocs rocheux parsemant tous les azimuts et les pieds des îles…

Chouette, un bar panoramique en plein air! Et hop, une bonne Pietra châtaigne!

Dois-je préciser où nous terminerons la journée? Ben oui, au « Rivoli », tout comme la veille… Merci Anthony.

Samedi 17 mai, dernier jour d’un voyage qui fera date. Or, nous avons pas mal voyagé ces vingt dernières années, mais la Corse ne fut pas arrogante, elle fut à la hauteur de sa réputation, une des plus belles îles du monde…

Leïla nous demande un feed-back de notre journée d’hier, toujours si souriante. Elle nous a trouvés très gentils et sympathiques si bien qu’elle nous fera déposer dans notre chambre, demain matin pour notre vol retour, un petit lunch packet. Elle est adorable.

Bon, sérieusement, faut que je termine mon Pieter Aspe (le Simenon flamand, cf chronique n°64 sur ce blog), au bord de la piscine à débordement. Maillots, sac à brôls, serviettes, go!

Aujourd’hui, on ne fout rien. On a tout de même roulé 1000 km depuis le premier jour, et en Corse, tu peux compter double!

Ce soir, on retournera au port d’Ajaccio pour notre dernier repas, mais en 15′ cette fois, vers 20h00. Au « Paparazzi », repéré lors de notre visite de jeudi…


Epilogue.

Le dimanche 4 mai 2025 soit 3 jours avant notre départ, les enfants, Pierre et Chloé (26 et 31 ans), ainsi que Pax (compagnon de Chloé) et Auriel notre petite fille alias not’ princesse (fille de Chloé), nous ont concocté une méga surprise en réunissant la plupart des personnes qui nous sont chères, dans le plus grand secret et donc à notre total insu, nous mettant à l’honneur pour notre anniversaire de 20 années de vie de couple.

A vous tous, ceux que je viens d’évoquer, nous vous aimons jusqu’aux étoiles aller-retour (clin d’oeil à Auriel). Merci, merci pour ce moment radieux et émouvant…

Ce voyage en Corse fut pour moi, intimement, une sorte de pèlerinage, et je le dois à Laurence, la femme que j’aime et dont je partage mes jours et mes nuits depuis vingt années, dans les hauts et parfois les bas qui jalonnent une vie de couple au quotidien.

Nous nous connaissons si bien et nous aimons malgré tout…

Ma belle, je te remercie du fond du coeur pour avoir fait vibrer le mien et le faire encore vibrer, et nous avoir fêtés sur cette magnifique île de beauté…

Vincent Poitier, alias « le pensiologue ».

Mardi 20 mai 2025.

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