Mesdames messieurs, messieurs mesdames, public du Slam, on te réclame!
Sans toi devant les scènes ouvertes, où s’exprimeraient tous ces poètes?
Dans cette société machiavélique, il reste encore quelques publics,
Qui prennent, qui donnent et qui partagent, des émotions pour tous les âges.
Que tu sois « Il », que tu sois « Elle », que tu t’identifies comme étant « Iel »,
T’as trois minutes et un micro, pour dire ta lutte ou tes beaux mots.
Depuis ta chaise ou bien la scène, t’as tous les droits sauf d’être obscène,
« Slamiscuter » de choses et d’autres, sans jamais s’prendre pour un apôtre.
Public t’acclame et te soutient, quand tu déclames sans baratin,
Claquements de doigts pour t’agripper, éclats de voix enthousiasmés.
Slameurs, slamis, très chers amis, qui donnez voix. à la Slamerie,
Vous donnez sens à la conscience, vous entrez donc en résistance.
Etre public est politique, c’est plus que de faire polémique.
Etre tribun est opportun, même si c’est sous un nom d’emprunt.
On dit que la parole s’envole, c’est pourtant elle que l’on convole.
On ne fait pas de pas de côté, quand on soutient la Liberté.
Public tu n’es pas hérétique, tu partages même notre encyclique.
T’indignant souvent en silence, sans allégeance à la violence.
Slameuses, slameurs, restons debout, quitte à passer pour des fous!
Qu’on cause en poésie ou même en prose, on évacuera la psychose.
Et si on est traités d’utopiques, par des suppôts machiavéliques,
On leur dira qu’notre onde de choc, c’est de n’jamais baisser son froc.
Vade retro satanas! Dans les slameries, t’as pas ta place.
Les codes d’ici, ils te dépassent. L’écho d’ici, il Nous dépasse.
Merci public de prendre des vers, de venir à visage découvert,
Que tu sois blanc, que tu sois black, c’est dans le coeur qu’on prend des claques.
Vincent Poitier, alias « le pensiologue. »
03 juin 2026.
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