289 – Billet slam: « Jamais Alain dit, à lundi… »

Vintage theater screen displaying the word LUNDI above rows of red seats
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Alain est prévoyant, il n’a pas d’agenda. Il a prévu tant d’imprévus qu’il n’a plus rien à prévoir.

Il n’a même plus le temps de ne pas en avoir. Alain a l’intention de se laisser vivre.

Ce que juge Alain possible, c’est la possibilité elle-même que tout peut se produire, à n’importe quel instant.

A l’inverse, parfois Alain verse dans la monotonie, lorsque rien ne se passe, que le temps qui passe.

Il resonge aux aléas, comme l’allée « A » d’un cinéma, au premier rang, face à l’écran du film de sa vie.

Et si la vie le porte, Alain la supporte. Il ne prendra pas la porte.

Alain vit à l’instinct, Alain vit à l’instant. La vie propose, Alain dispose, même quand ça l’indispose.

La vie d’Alain, quiète, ne connaît pas l’angoisse, même les jours de poisse.

Ça ira mieux demain, se dit souvent Alain...

Une certitude, il n’en existe aucune. Les habitudes sont des lacunes, c’est pourquoi il n’en cultive aucune.

Alain, dispensable, fait la planche, même le dimanche.

Etanche à la revanche, infirme de la « Firme », Alain affirme ce que la vie confirme.

Rien n’est à prendre, tout est à apprendre. Quitte à tout prendre, autant s’y méprendre.

S’il faut ramer dans les méandres, c’est seulement pour se défendre, pour pas couler, quoi qu’il en découle.

Chaque inspiration l’inspire, c’est tout ce à quoi il aspire.

Alain, digne, jamais ne s’indigne. Ce n’est pas qu’il se résigne, non… C’est que sa vie, elle est faite de signes.

A chaque matin, il revit. Jamais Alain dit: « A lundi… »

Vincent Poitier, alias « le pensiologue. »

31 août 2026.

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