286 – Chronique rando: « De Wijers, la région des 1001 étangs ou Campine paradis. » (Zonhoven-Hasselt, domaine de Bokrijk, province de Limbourg, région flamande).

Entre deux périodes caniculaires, le lundi 27 juillet 2026 est propice à la randonnée par 24 degrés, nuages et éclaircies. Laurence attire mon attention sur le domaine de Bokrijk en Campine (province de Limbourg).

La région des 1001 étangs, De Wijers, s’étend sur 26400 hectares de paysage aquatique (dont une partie en zone Natura 2000), parcourus de chemins de randonnées à plat et praticables et ce, à soixante minutes de voiture de notre nid hutois.

On embarque Bonie (maman), et on tente l’expérience qui va s’avérer très dépaysante autant que bucolique.

Le départ des randonnées est indiqué depuis le parking gratuit du grand camping du domaine de Bokrijk, Zwanenstraat 105 à Zonhoven (Hasselt). Forts de nos têtes en l’air, nous pénétrons dans le domaine du camping, convaincus que c’est de là que démarrent les promenades, alors qu’elles sont renseignées en grand face à notre véhicule. L’évidence nous a échappé, mais à notre décharge, tout est inscrit en flamand, comme la « Uitkijk toren » (la tour de guet ou d’observation, un des objets de ma curiosité).

Ce détour nous aura valu un apéro terrasse (merci maman), et le piquenique nature face à un superbe étang squatté par nombre de palmipèdes en tous genres. Un grèbe huppé vient nous saluer, à quelques mètres à peine de notre banc en bois d’où nous ravissons nos mirettes (et nos estomacs).

C’est en consultant la carte numérique disponible sur mon smartphone que je me rends compte de notre erreur de départ. Nous regagnons la voiture et constatons que les départs de randonnées et la « Uitkjik toren » sont clairement balisés depuis le bout de la zone de stationnement

Sacs sur le dos, chaussés de sandales ou chaussures légères, nous arpentons les premiers décamètres de la balade balisée par un « rond orange » (5,2 km, en principe, mais les principes, vous savez…).

La Tour de guet de quinze mètres de hauteur (cf photos d’en-tête) et dont les poutres métalliques de soutien sont immergées dans le marais, nous attend, trônant fièrement aux abords immédiats du paysage aquatique féérique local qui augure d’une belle après-midi.

Nous gravissons les trois niveaux d’escaliers et contemplons la vue imprenable sur cette quiète nature…

Les très nombreux plans d’eau et la végétation qui en découle m’évoquent un ersatz « d’Everglades« , avec les moustiques mais sans les alligators fort heureusement (sauf ma « namoureuse » qui n’y échappera pas, comme partout où l’on déambule…).

Nous croisons assez peu de promeneurs et de cyclistes. Nous ne sommes pas à ce point asociaux, mais c’est tout de même plus agréable. A chaque croisée de chemins endigués de roseaux, après chaque virage, le site nature nous accueille de ses atours charmants. Nénuphars, chênes, feuillus divers, cabanes en bois, bancs, sont autant d’éléments apaisants qui favorisent notre production de sérotonine.

L’effet antidépresseur de l’immersion en nature n’est plus à démontrer et ce, dès les premières minutes, quoi qu’on en pense. Bien que Laurence ne soit pas en grande forme ces derniers temps et malgré les septante-huit printemps de maman, aucun de nous trois n’est enclin à se plaindre, tout au contraire.

La prédominance du milieu aqueux, l’élément « eau » dont nous sommes nous-mêmes composés à près de septante pour cent, représente un facteur régénérescent incontestable. Nous humons les innombrables phéromones que répand sur tout notre être Dame Nature, laquelle est bien souvent malmenée sans toutefois ne pas nous en tenir rigueur en ce jour.

Des points d’observation ornithologique sont aménagés en plusieurs endroits du parcours, propres et en bon état, habillés d’informations didactiques en flamand. Grèbes huppés, canards divers, hérons en nombre, aigrettes blanches, foulques macroules (poules d’eau), cormorans, oies sauvages, bernaches, ouettes d’Egypte, cygnes tuberculés, et j’en passe, peuplent ces zones humides qui sont autant de viviers à poissons et lieux de reproduction.

Il est difficile de croire que nous sommes aux portes de Hasselt et de Genk.

Les balises orange nous mènent au travers d’une zone de pâture, ce qui nous laisse dubitatifs quelques instants. Nous franchissons la barrière en bois en « S », empêchant les bovidés de s’échapper du pré, et foulons l’herbe jaunie par la sécheresse de cette année qui fait date avec celle de 1976.

Je sens bien que maman hésite à me suivre, pas très persuadée de côtoyer de si près et sans entrave de superbes vaches et taureaux d’un noir « nuit » reluisant. Je la rassure quelque peu en désignant de mon index la barrière identique à celle que nous venons de franchir, à l’autre côté de la prairie.

Les animaux paisibles s’étonnent à peine de notre présence qui ne les distrait pas de leur activité principale, celle de brouter. Nous pourrions presque les caresser. Maman déclare qu’elle ne se rappelle pas avoir vu des vaches d’une robe noire aussi prononcée. Je lui rétorque ironiquement que ce sont certainement des vaches qui produisent du café, ce qui déclencha un fou rire commun, au nez des quadrupèdes ruraux qui ne se formalisèrent pas le moins du monde.

Nous bouclons la boucle à l’approche des dix-huit heures par un petit verre à la terrasse du domaine de camping à notre point de départ. J’évoque alors l’existence dans la région, à 15 minutes en voiture (de quoi contourner toute la région des étangs), d’une piste cyclable singulière en ce qu’elle traverse sur deux-cents mètres un grand étang, plus bas que le niveau de l’eau. « De fietsen door het water » (traverser l’eau à vélo),

Ni une ni deux, chacun est d’accord de ne pas quitter le Limbourg sans découvrir cette curiosité accessible en voiture depuis le parking payant (5€) à l’entrée principale du domaine provinciel de Bokrijk, via la Bokrijklaan n°1 sur Genk.

A cette heure de début de soirée, l’immense parking est totalement vide, ce qui ne nous épargne pas l’accès payant. Nous marchons quelques centaines de mètres et profitons de l’accès pédestre à cette forme de passerelle immergée dans l’eau calme des étangs. La piste cyclable et piétonne s’enfonce d’un bon mètre et cinquante centimètres dans les eaux. A pieds secs, nous contemplons l’évolution de palmipèdes flottant à hauteur de notre cou ou torse en ce qui me concerne. C’est déconcertant et amusant. Un cygne tuberculé plonge sa tête dans l’eau à intervalles réguliers en quête de nourriture, à trois mètres de mon buste dépassant du niveau de l’eau pour l’animal qui demeure imperturbable…

Quelle belle journée! Nous sommes ravis et repus de marche (12 km au total), ce qui n’est pas le cas de nos estomacs que nous soulagerons à la table d’une pizzéria au retour vers 21 heures, pour un repas propice au débriefing.

Notre petit pays regorge de lieux charmants et revigorants, compte tenu de sa superficie, et il m’est toujours agréable de partager nos pérégrinations sur ce blog, entre autres choses et sujets variés.

Et vous, vous y allez quand? Et où, en randonnée?

Vincent Poitier, alias « le pensiologue ».

28 juillet 2026.

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