J’me sens obsolète, je jette mes mots là,
J’suis même pas un poète, j’sais même pas si j’suis là…
J’arrive pas à vieillir, j’perçois pas cet enjeu,
Même si l’corps peut souffrir, y a pas d’raison d’être vieux…
J’suis dans une méprise, une sort’de combat,
Je gère pas bien la crise, ni toutes ces choses là…
J’suis pas maladroit, j’ai l’cerveau qui frise,
Je cherche un endroit, où l’on peut lâcher prise.
J’veux fermer les yeux, sur ce monde torturé,
Je veux parler à ceux, qui ont appris à aimer…
J’en ai marre des débats, sur des sujets bien gras,
J’préfère causer à ceux, qui ont d’la lumière dans les yeux…
C’est souvent difficile, en y mettant des formes,
De dire aux imbéciles, qu’ils ne sont pas la norme…
J’pourrais fermer ma gueule, détourner le regard,
Accepter d’être seul, ignorer les bâtards…
J’écris pour exprimer, ma force de vie,
Sans discréditer, mon p’tit grain de folie…
On peut p’t’être pas tout dire, ni cogner les idiots,
Mais on peut bien écrire, en choisissant les mots,
Ce qu’on a sur le coeur, quand on ravale sa chique,
Et que par pudeur, on épargne les critiques…
J’me sens obsolète, je jette mes mots là,
J’suis même pas poète, J’sais même pas si j’suis là…
Vincent Poitier, alias « le pensiologue. »
24 octobre 2026.
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