299 – Chronique rando: « Les étangs de la Julienne », domaine classé Natura 2000 (province de Liège, Basse-Meuse, Visé).

Automne 2026, les deux pieds dans novembre, Laurence a été opérée à coeur ouvert il y a un peu plus de deux mois et demi, il est temps de rechausser les bottines de marche pour un test en « live ».

Modération en maître-mot, nous jetons notre dévolu sur la commune de Visé, au domaine des Etangs de la Julienne, pour un bon 5 km très bucolique.

Un écrin de verdure planté dans la petite vallée de la Julienne, petit ruisseau prenant sa source 13 km en amont d’Argenteau dans le petit village de Retinne où naquit jadis Sainte Julienne en 1192 et qui donna son nom au ruisseau.

Ce poumon vert de 80 Ha, dont on ne se doute pas qu’il jouxte quasi la E25 en bord de Meuse, est surplombé par le rocher et le château d’Argenteau bâti en 1863 sur les ruines d’un château médiéval habité naguère par la comtesse de Mercy.

Les cinq étangs furent creusés en 1960 sous gestion communale (Visé) tandis que le château demeure privé jusqu’à ce jour. Ces plans d’eau ont pour vocation la pêche, le navimodélisme, la détente et les promenades champêtres et forestières.

Un vaste parking gratuit est mis à disposition des visiteurs, parking d’où démarrent les diverses randonnées proposées. Nous optons pour le balisage « flèche bleue » qui sillonne la vallée et la forêt durant environ une heure et trente minutes en boucle, sans se presser (le fléchage rouge vous emmenant pour un peu plus de 8 km quant à lui).

Je précise que mis à part le tour des étangs principaux, cette randonnée ne convient pas aux PMR ni aux poussettes, malheureusement, et le dénivelé est modéré à fort durant le retour par la forêt.

D’emblée, nous sommes ravis par cette nature dépaysante et paysanne, empruntant les diverses passerelles qui enjambent « la Julienne« , laquelle semble elle aussi s’ébattre dans la topographie locale de cette vallée espiègle…

Vaches, chèvres, palmipèdes divers et variés, hérons cendrés… Nous sommes loin d’être seuls au fil du parcours…

A deux pas du plateau de Herve, ce site prend quelques airs fagnards lorsque l’on pénètre dans les feuillus et conifères tapissant les coteaux. Nous évoluons en pleine immersion dans ce biotope luxuriant et revigorant sous quelques timides percées du soleil à travers la couche nuageuse couvrant les dix degrés à peine.

Je me surprends à approcher à moins de vingt mètres deux superbes hérons cendrés à peine offusqués de notre présence, alors que pendant ce temps, une « vache à café » noire et blanche papote avec Laurence…

Le sentier se travestit de divers apparats végétaux à mesure que nous progressons, bordant ça et là l’une ou l’autre rare propriété privée aux accès carrossables précaires et dont les dizaines de stères de bois soigneusement entreposées alentour augurent d’une certaine forme d’autarcie énergétique…

Quittant le fond du val, nous empruntons un sentier forestier encaissé en direction du retour, sentier au dénivelé non négligeable sur une longue distance, ce qui n’est pas pour plaire à ma fidèle partenaire depuis plus de vingt ans et dont le souffle vient à manquer, ce qui n’est pas pour me rassurer…

Nous effectuons plusieurs pauses et je ne peux m’empêcher de prendre ses pulsations, au vu du traumatisme qu’elle traversa quelques semaines plus tôt… Le corps humain est capable d’une extraordinaire résilience, mais il ne faut tout de même pas présumer de ses forces alors qu’il s’adapte chaque jour à ce que l’on nomme « miracle médical »… (cf billets n°287 et 288 sur ce même blog – août 2026)

Parvenus enfin sur le plateau, nous longeons la chapelle de WIXHOU (bois béni), bordée par une châtaigneraie appartenant au domaine du château d’Argenteau.

Un curieux artefact suscite notre intérêt, à deux pas de deux séquoias géants mullticentenaires. En effet, un énorme champignon métallique trône au centre d’un tertre artificiel, au détour d’un virage.

Ce champignon fut érigé en 1850, apprend-on, par le comte François Joseph de Mercy-Argenteau (vous vous rappelez, la comtesse de Mercy…) à vocation purement récréative et ornementale.

Le sentier descend à présent sinueusement en direction du parking de départ, aux abords duquel sont aménagées une plaine de jeux pour les enfants ainsi qu’une brasserie-restaurant, fermée pour l’heure.

Mais qu’à cela ne tienne, nous franchirons la frontière hollandaise en voiture en direction des portes de Maastricht, chez « Intratuin« , cette grande surface commerciale de jardinerie et décorations, où nous avons l’habitude de prendre un délicieux lunch lors de nos visites, dont celle du jour est émaillée d’un marché de Noël rutilant autant qu’inutile…

Mais soit, on s’émerveille un peu, tout en se réchauffant, dans l’ère du temps, celle de l’ultra consommation, puisqu’en ces lieux, et nous nous le disons mutuellement, on ne vend rien d’essentiel, mis à part du rêve, et du vent…

Vincent Poitier, alias « le pensiologue. »

07 novembre 2026.

Copyright, tous droits réservés.